La médecine chinoise et moi…
Depuis mon arrivée en Chine, il y a toujours un petit truc qui ne va pas. En deux semaines, je suis allée à l’hôpital deux fois. Au moins maintenant, je suis rôdée!
- La première fois, c’était un peu après le fameux camp d’entraînement.
On ne m’avait pas dit que leur fameux camp était situé dans la forêt, alors forcément j’ai un peu oublié mon répulsif. Bonne journée, j’ai dû récolter une dizaine de piqûres sur les jambes. Dont une sur la cheville droite qui était bien enflée. On ne panique pas, la sale bête a piqué sur l’articulation, c’est sûrement normal comme réaction. Quelques jours plus tard, le machin ne désenfle pas, il rougit et durcit. C’est à ce moment là qu’on m’a informée que les moustiques chinois (ceux de Nanjing du moins, les autres pas envie de les voir!), sécrètent une sorte de poison à l’approche de l’automne, et que cela peut engendrer des réactions assez impressionnantes. J’avoue qu’entre temps je m’étais convaincue que je m’étais fait piquer par autre chose qu’un moustique! Le lendemain, ma cheville est tellement enflée que je ne peux plus la plier, et ma grosse enflure commence à devenir violette. Ciel, ça craint. Je me prépare donc à un petit passage à l’hôpital, la peur au ventre, forcément. Elodie m’accompagne gentiment, grande handicapée que je suis. On arrive à l’accueil, je reçois un joli carnet de santé chinois, explique ce qui ne va pas, et on m’envoit chez un dermatologue au second étage. On défile dans les longs couloirs, passe devant des chambres où on peut observer des choses pas très catoliques (les chinois ne sont pas pudiques, ok, mais à l’hôpital quand même…
.On entre dans le bureau de l’homme, il a l’air follement occupé à remplir des papiers, on lui explique ce qui ne va pas, il ne daigne même pas regarder mon début de gangrène malgré mes nombreuses tentatives. J’allais pas mettre ma patte sur son bureau non plus. Il me prescrit un examen mystère… Une prise de sang! Là je me suis dit que je suis tombée sur un blaireau fini. Enfin allons-y pour la piqûre. On attend 5 minutes, et on retourne chez notre brave dermato avec les résultats. “Ah oui oui, c’est un problème de moustique”. Cool. On avance. Il tâte mon pied, demande si ça fait mal, se râcle la gorge 10000 fois au point que je ne pouvais plus m’empêcher de grincer des dents à chaque fois qu’il le faisait, et finalement me prescrit mes premiers médicaments chinois: des antibiotiques (chouette infection quand même il a dit le monsieur) et des espèces de comprimés bruns à base d’herbes, à écraser à la cuiller, à mélanger avec un peu d’eau et à tartiner sur mon pied. Là je me suis vraiment sentie en Chine, à fond dans les clichés. C’était plutôt difficile à étaler au début (trop d’eau, pas assez…
, mais au bout de quelques jours je faisais ça comme un vrai chamane des montagnes. Et en moins d’une semaine, mon pied était guéri!
- Entre temps, j’ai eu la chance d’attraper un bon mal de gorge.
Chinois, américains, tous des malades de la climatisation. Nous retournons donc dans mon hôpital fétiche, et on nous envoie chez une généraliste, toujours au second étage. Entre temps, on se fait piquer par un moustique qui devait patienter à l’accueil lui aussi, et quand on est arrivé chez la fameuse dame (pour les femmes exclusivement. Il y avait un médecin homme pour les hommes aussi, mais le tout dans la même pièce) on en avait plein les bras et les jambes. On devait vraiment être pitoyables parce qu’elle nous a donné des cotons avec de l’alcool histoire d’apaiser les piqûres. Je dois avouer qu’on était aussi complètement hystériques en se disant “trop fort, on peut direct retourner voir notre copain qui se râcle la gorge!”. Bref, passons. La brave dame regarde mes oreilles, me prend la température, écoute mon petit coeur, et finalement regarde dans ma gorge, tire une tête bizarre et fait “ayyaaa”. Hyper rassurant. Elle explique que j’ai en fait une irritation de la gorge/trachée/larynx, bref quelque chose entre ma bouche et mon estomac (désolée, les termes médicaux chinois… Je sais dire nez et pied, c’est tout!). On lui parle subtilement du paludisme aussi (les symptômes collaient parfaitement) mais selon elle je ne peux pas l’avoir contracté. Je repars donc joyeusement avec des antibiotiques (pas étonnant qu’il y ait autant de petits chinois, y a plus de sélection naturelle avec tous ces antibios!), de la vitamine C, et un merveilleux sirop bleu à base de plantes largement fermentées vu l’odeur. Bref j’ai pu terminer le traitement de ma jambe, et enchaîner directement avec celui-ci. Magique. Il a là aussi fallu une semaine pour que ma gorge se remette.
Je précise que je me suis rendue à l’hopital universitaire de Nanda, pour un problème de pied ça va, mais hors de question de me faire enlever l’appendicite là dedans! D’ailleurs je ne suis même pas sûre qu’ils le fassent… L’hygiène n’est pas vraiment catastrophique, mais ce n’est pas non plus fantastique. La prise de sang a été faite de façon très propre quand même.
L’autre élément un peu particulier, c’est qu’en Chine il faut avant tout payer: la consultation se paye à l’avance, on reçoit un joli reçu à montrer au médecin, il prescrit des examens, on retourne les payer à l’accueil avant de pouvoir les faire, et idem pour les médicaments, il faut les payer d’abord et les récupérer ensuite. Ce n’est pas vraiment gênant, pour ces deux passages à l’hôpital (consultations, examens, médicaments inclus) je dois avoir dépensé la somme folle de 4 €… On verra la tête que mon assurance va faire quand je vais demander le remboursement!