白酒 (bai jiu), l’eau de feu chinoise
Bonjour!
Seulement 2 jours et tellement de choses à raconter!
Tout d’abord, la venue de nos compatriotes américains avec lesquels nous avons passé un très bon moment, et qui nous a donné l’occasion de passer une soirée fort intéressante en ce qui me concerne.
(Notons que c’était avant que Thomas n’anéantisse toutes mes convictions personnelles ainsi que ma perception du monde… ^^)
Les américains sont en fin de formation dans une université de Caroline du Nord, avec laquelle la Business School de Nanjing University a un accord. Nous étions donc censés nous retrouver deux journées de façon à travailler sur une étude de cas.
Vendredi soir, le directeur de notre école a donc invité tout le monde dans un restaurant.
Il s’est également chargé d’amener les boissons destinées à accompagner le repas (c’est fréquent en Chine, il est rare de commander des boissons dans un restaurant lorsque l’on est nombreux). Jusque là, tout va bien.
Les convives s’installent, le repas débute. C’est là que la serveuse verse l’équivalent d’un verre de vin de Bai jiu, eau de vie, à chacun (ils ont prévu une bouteille d’alcool pour 3 personnes, woaw). Je m’y attendais, mais j’ai quand même commencé à m’inquiéter: ils veulent me faire boire un verre de vin d’alcool à 53° d’un trait??? Heureusement non, nous avons tous reçu des petits verres par la suite. La soirée allait visiblement être animée. Préparation psychologique.
Le directeur de mon école porte le premier toast. Nous trinquons joyeusement. Vient ensuite le tour du responsable de la formation des américains. Rebelotte. Ensuite nous avons trinqué pour les étudiants américains, et une nouvelle fois, mais pour les étudiants chinois cette fois-ci (ne faisons pas de jaloux). Après ça, certains élèves et délégués de classe ont eux aussi porté des toasts. Autant vous dire qu’on a prit des couleurs (surtout moi juste sous la clim chauffante, je m’en souviendrai). Les américains sont grandement interloqués, surtout que la plupart d’entre eux ne consomme pas d’alcool (en même temps l’étude de cas portait sur “Tsingtao Brewery”, ça annonce la couleur!).
Forcément, l’ambiance à table était très bonne, mais à ce stade là personne n’était “saoûl”, par contre certains chinois étaient bien euphoriques, “pompettes” comme on dit.
Le repas a suivi son cour, on nous a apporté une multitude de plats délicieux. Il m’a aussi permi de réaliser que je me suis bien adaptée aux habitudes culinaires du pays, les américains avaient tendance à se poser trop de questions. Ca fait du bien de prendre conscience du chemin parcouru depuis le début! Pour leur défense, je dois dire que mes camarades de classe avaient quelques difficultés à traduire le nom des plats et à donner leurs composants. Nous avons donc mangé beaucoup de “Sea creatures” avec des tentacules et des petites trompes. Surtout ne me demandez pas ce que c’est… Moi qui ne suis pas fan des fruits de mer… Mais après ça, même plus peur des moules!
Nous avons entre autre mangé des racines de lotus, des Baozi à la viande, du poisson au piment (tout entier, d’ailleurs mon voisin s’est fait un plaisir de creuser dans la bête pour m’offrir la joue, c’était un moment plein d’émotion), une soupe aux légumes et intestins de porc (c’est très bon, ça ressemble à des nouilles et ça a un goût de nouilles, et selon mon voisin chinois (l’autre voisin) c’est excellent pour la virilité masculine. Décidemment, j’étais bien entourée!), des pieds de cochon (j’avoue qu’entre la graisse et les os, mon coeur balance), un assortiment de légumes, une soupe d’agneau épicée (délicieux), une tarte ressemblant énormément à un gateau de lune, mais je serai incapable de vous dire de quoi elle était constituée, une soupe de “créatures de la mer”, des pousses de bambou, des crabes farcis… Je suis sûre que je dois oublier beaucoup de choses, mais il y avait tellement de plats! Et pour ma défense, je dois dire que je ne savais pas toujours ce que je mangeais…
Les toasts aussi ont continué à une fréquence assez élevée, et le directeur de mon école a absolument voulu que je trinque avec un de mes copain de classe. Nous avons donc bu notre petit verre, sous les flashs des projecteurs, et mon copain a déclaré que je buvais très bien. Merci, merci. Sauf qu’il y avait un piège… Après ça, tous mes copains de classe ont voulu faire la même chose. Et pas moyen de faire ça de façon collective, non, ils voulaient tous une photo souvenir avec moi et mes joues rouges. Pas moyen non plus de faire semblant de boire, ça ne se fait pas voyons (dixit le directeur de mon école, qui soit-dit en passant ne savait tellement plus ce qu’il disait qu’il est venu me parler d’un éventuel mariage avec le 1er bonhomme avec lequel j’ai trinqué. Euh… Comment dire… Enfin de toute manière je ne suis pas sûre qu’il se souvienne de tout à l’heure actuelle), du coup en avant pour encore 8 petits verres d’alcool. Mon Dieu. Bizarrement, je ne sentais pas trop les effets de l’alcool, contrairement à certains chinois qui ont fini sous la table.
Le moins que l’on puisse dire c’est que les américains se sont bien amusés et se sont pliés à la coutume. Par contre je ne vous parle pas de la qualité des présentations de notre fameux cas que l’on a dû faire le lendemain matin… Et certains ont parait-il passé une nuit un peu agitée ^^.
Le pire dans cette histoire, c’est que nous avons quitté le restaurant à… 20h00. On peut dire que c’était une sacrée fin d’après-midi pour certains!
Certains chinois étant garés (eh oui, garés) près de mon immeuble, je les ai accompagnés sur le chemin du retour. Heureusement, ils se portaient plutôt bien. Nous avons donc fait un tour sur le campus et finalement nous nous sommes installés dans un restaurant coréen parce que certains n’avaient pas vraiment eu le temps de manger. C’est aussi à ce moment là que l’on m’a expliqué que les soirées avec le directeur de mon école sont généralement plutôt musclées parce qu’il adore boire. M’en serai doutée. J’espère seulement qu’après avoir autant donné de ma personne je vais avoir une bonne note
.
La soirée s’est donc terminée en douceur sur le coup de 23h, et tout le monde est rentré sain et sauf.
Bilan: quelques bons fous rires (un peu nerveux à la base, il faut le dire) avec nos amis américains, une demande en mariage, une proposition d’emploi aux US, et surtout beaucoup plus de complicité avec les chinois que je cotoie en classe. Sans oublier une présentation plus que douteuse… “Pour que l’entreprise se porte mieux, il faut réduire les coûts et augmenter les profits. Oui… mais encore?” (C’est sûr qu’on n’a pas inventé l’eau chaude sur ce coup là)
Vous constaterez que je ne nomme personne, de peur de briser quelques carrières, ou d’embarrasser certaines personnes. D’ailleurs si un jour les photos disparaissent mystérieusement, vous saurez pourquoi! Enfin j’espère que ça n’arrivera pas…
Photo de groupe
L’une des deux tables, très bien dressée…
Coopération sino-américaine
Une chinoise n’aime pas l’alcool, devinez laquelle! (D’ailleurs beaucoup de chinois ont tendance à rosir dangereusement après avoir bu de l’alcool, apparemment à cause d’une histoire d’enzymes manquants au niveau du foi… Sophie, tu n’es pas seule!)
Dernière photo de groupe…
Le responsable du MBA des américains m’a parlé d’un article sur les coutumes chinoises lors des repas d’affaires, et cela concerne notamment la consommation d’alcool, je vous tiens au courant!
. Et n’oublions pas le plus important: les desserts! Je vous conseille vivement la tarte aux pommes tiède accompagnée de sa boule de glace, ou encore les profiterolles nappées de chocolat fondant, et je ne parle même pas de la tarte au citron (qui a malheureusement disparu de la carte… Si quelqu’un entend mon appel…